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Le système entreprise

2.3 Le système entreprise

Si l'on reprend le schéma représentant le système global, en "zoomant" cette fois sur le domaine économie (figure 21), on peut considérer celui ci comme un ensemble d'entreprises en relation, chacune pouvant être considérée comme un système, dont nous allons détailler les différents éléments, en nous penchant sur :
  • les échanges avec l'environnement,
  • la régulation interne de ces échanges, par la gestion de l'environnement dans l'entreprise.
figure 21. Les entreprises dans le système société-environnement
Le modèle OID est adapté à la représentation du système que constitue l'entreprise : on retrouve ainsi un système opérant, - le site de production -, régulé par un système de décision, - la direction de l'entreprise -. Détaillons tout d'abord le système opérant et la nature de ses échanges physiques avec l'environnement.

2.3.1 Système opérant de l'entreprise

On peut représenter le système opérant, domaine de l'activité tangible, par analogie avec le modèle précédent, par trois sphères en interaction (figure 22) :
  • les ressources humaines de l'entreprise, c'est à dire son personnel et ses organes de représentation (syndicats, représentants du personnel, CE, CHSCT...),
  • l'outil de production, que l'on peut aborder à travers les différentes fonctions structurant le travail dans l'entreprise. La figure 23, représentant une organisation classique d'une grande entreprise, permet d'identifier les principales fonctions (cette organisation n'est pas représentative de celle des PME, mais les fonctions, mêmes non organisées, restent identiques) :
    • production : achats, production, vente
    • contrôle : qualité, sécurité, environnement
    • gestion : ressources humaines, finances, aspects juridiques
    • Recherche et Développement
  • l'environnement de travail (intérieur du site et ses abords).
figure 22. Système opérant de l'entreprise
 figure 23. Les services de l'entreprise (exemple) [BARANGER 81]
Le système opérant de l'entreprise correspond à une entité géographique (le site industriel), qui assure une fonction (la production) par des moyens humains (le personnel de l'entreprise), techniques (les outils de production) et financiers.
Les problèmes que rencontre l'intégration de l'environnement dans l'entreprise vont être rencontré à chacun de ces niveaux. L'entreprise n'est pas seulement un outil de production transformant la matière, mais également des hommes et une culture : " L'entreprise est davantage qu'une organisation chargée de transformer les matières premières en biens de consommation. Elle est le dépositaire de traditions et de savoir-faire locaux, d'expériences et de pratiques aussi bien que le creuset de l'activité économique et sociale. En bref, elle est partie intégrante de notre société" [PAR.EUROP 93]
Nous allons aborder deux facettes de l'entreprise en lien avec l'environnement : celle de son fonctionnement technique, et celle du rôle de l'homme dans la gestion de ce fonctionnement technique.

2.3.2 Relation à l'environnement : les échanges physiques

Nous avions abordé dans le premier chapitre les flux globalement échangés entre la sphère "économie" et l'environnement. L'approche est similaire pour une entreprise isolée : pour assurer son objectif de production, elle prélève des ressources sur l'environnement, et rejette des résidus, émissions ou déchets.
Nous retrouvons ici le problème d'affectation des flux qui était apparu pour les systèmes globaux. En effet, les prélèvements et rejets de l'entreprise sont soit directs (prélèvement dans un cours d'eau, rejet d'effluents aqueux au milieu, dépôt de déchets en décharge interne...), soit indirects (fourniture d'eau réseau par un prestataire, enlèvement des effluents par un traiteur de déchet, enlèvement des déchets...). Dans le premier cas, seule l'entreprise est impliquée, et il n'y pas de problème d'affectation. En revanche, dans le deuxième cas, un prestataire ou sous-traitant intervient en tant qu'intermédiaire entre l'entreprise et l'environnement (figure 24).
figure 24. Entreprise et environnement : les échanges avec intermédiaires
L'entreprise a la responsabilité de l'origine de ses prélèvements et de la destination finale de ses rejets (un même rejet d'effluent pollué, selon qu'il est confié à un prestataire compétent ou non, n'aura pas le même impact sur l'environnement). Il faut donc lui allouer la responsabilité de ses prélèvements et rejets indirects, considérant ceux ci comme un couple "flux-origine" pour les prélèvements, et "flux-destination" pour les rejets (figure 25).
figure 25. Entreprise et environnement : les échanges simplifiés

2.3.3 Facteurs d'impact de l'entreprise

Le fonctionnement de l'entreprise, par les prélèvements et rejets qu'il entraîne sur l'environnement, est associé à des facteurs d'impact, susceptibles de générer un impact sur l'environnement. Nous avons abordé ce lien entre facteur d'impact dû à l'activité industrielle et impact environnemental au§ 1.2.1.4.
Au niveau d'une entreprise donnée, l'identification de ses facteurs d'impact peut s'appuyer sur une approche "procédé", identifiant les flux entrants et sortants de l'entreprise 
 


Approche procédé


Dans cette approche, nous considérons le site industriel comme une " boite noire", entité de transformation de la matière (figure 26) : les flux entrants (consommation de matières premières, énergie, eau, produits intermédiaires...) sont transformés et donnent lieu à des flux sortants, soit désirés (produits et co-produits), soit non désirés (rejets atmosphériques, rejets liquides, déchets, nuisances).
figure 26. Le site industriel : approche procédé
L'identification des flux entrants et sortants de l'entreprise, associés à leurs caractéristiques (nature, modalités, origine /destination), permet de constituer une liste des catégories de facteurs d'impact envisageables : 
 

  Flux entrants
 Nature
 Modalités
  Flux
  Origine
 Eau eau de ville, eau industrielle, eau prélevée au milieu - cours d'eau, nappe phréatique -... consommation fournisseur, milieu
 Énergie électricité, gaz, fuel,charbon... consommation fournisseur,milieu
  Matières premières par nature consommation fournisseur,milieu
 Produits intermédiaires / consommables par nature consommation  fournisseur
 Équipement par nature consommation  fournisseur
 Flux sortants désirés
 Nature
  Modalités
 Flux
 Produits et co-produits par nature quantité produite
 Flux sortants non désirés
 Nature
 Modalités
 Flux
 Polluants
 Destination
 Rejets atmosphériques par point de rejet  débit concentration milieu
  Rejets liquides par point de rejet débit concentration milieu, collecteur
 Déchets Inertes D.I par type de déchet quantité
  -
 filière 
 Déchets Industriels Banals D.I.B par type de déchet quantité
 -
 filière
 Déchets Industriels Spéciaux D.I.S par type de déchets quantité concentration filière
  Déchets Ultimes D.U. type de déchets quantité concentration filière
 Déchetsd'emballage par type d'emballage (papier, carton, plastique...) quantité
 -
 filière
 Nuisances
 Nature
 Modalités
 Bruit/vibrations intensité aux limites du site
 Odeurs présence d'odeurs en limite de site
 Poussières envol de poussière
 Intégration paysagère présence d'espaces vert, de rideau d'arbre...
 Risques
 Nature
 Modalités
 risques externes naturels inondation, foudre, séismes...
 risques externes non naturels  accidents routiers, ferroviaires, aériens, malveillances...
 risques internes :explosion, incendie installations et produits à risque
 risques internes : pollution accidentelle installations et produits à risque

tableau 6. Catégories de facteurs d'impact
L'approche considérant l'entreprise comme une "boîte noire", intéressante d'un point de vue global, n'est pas valide pour le traitement pratique des flux dans l'entreprise : ils n'y sont pas traités globalement, mais affectés par opérations ou ensemble d'opérations. Le décompte global des flux n'est obtenu qu'à partir d'une agrégation des flux identifiés pour chaque opération du site. 



Facteurs d'impact directs et indirects


Apparaît ici la nécessité d'entrer plus précisément dans le fonctionnement de l'entreprise, en établissant une correspondance entre chaque facteur d'impact et les opérations et pratiques se déroulant dans l'entreprise. On peut ainsi considérer que l'on a deux niveaux de facteurs d'impact :
  • des facteurs d'impact directs : ce sont les flux entrants et sortants
  • des facteurs d'impact indirects : ce sont les pratiques à l'origine des flux entrants et sortants,
Les facteurs d'impact indirects contrôlent en partie les facteurs d'impact directs. La maîtrise des flux est indissociable de celle des opérations et des pratiques.

figure 27. Facteurs d'impact directs et indirects
Pour identifier ces facteurs indirects, il est nécessaire de lier les opérations et pratiques de l'entreprise aux flux entrants et sortants.
Identification des opérations du site industriel
Un site abrite un ensemble d'opérations (transport, stockage, manutention, procédés de fabrication, procédés de traitement...), qui fonctionnent en traversant différentes phases (démarrage, régime continu, arrêt, maintenance, entretien, vidange...), chacune de ces phases étant à l'origine de flux entrants (consommation de matières premières, énergie, eau, produits intermédiaires...), et de flux sortants, soit désirés (produits et co-produits), soit non désirés (rejets atmosphériques, rejets liquides, déchets, nuisances). Chaque opération est associée à des risques. Le site évolue dans le temps, a un historique, et peut connaître des développements futurs.
La figure 28 reprend cette vision.
figure 28. Le site industriel : identification des opérations
Les flux de matière transitants dans l'outil de production peuvent être classés en fonction de leur emploi. On identifie trois secteurs principaux :
  • matière procédé base, base du produit
  • matière procédé annexe, utilisée pour le fonctionnement des procédés (catalyseurs, lubrifiants, flux de refroidissement, alimentation énergétique des procédés)
  • matière annexe, utilisée pour le fonctionnement général de l'entreprise (eau sanitaire, fournitures, alimentation énergétique)
Chaque flux de matière est soumis à des opérations de transformation destinées à :
  • le déplacer dans le temps : stockage
  • le déplacer dans l'espace : transport
  • en modifier la nature, ou l'utiliser dans un processus de modification d'autres flux de matière : procédés, traitements
Les opérations de stockage et de transport sont des opérations "neutres", qui ne modifient pas la nature du flux, tandis que les procédés et traitements sont des opérations "actives", qui modifient la nature du flux.
Opérations et pratiques environnementales
L'identification des flux et opérations, se traduisant en fait par la réalisation d'un schéma de production, permet d'identifier les facteurs purement techniques. Mais la production s'appuie également sur les hommes qui interviennent au niveau de chaque opération. Ainsi, à chaque opération correspondent des pratiques environnementales : les opérations correspondent aux transformations physiques auxquelles sont soumis les flux, les pratiques à la manière dont ces opérations sont conduites relativement à l'environnement par le personnel de l'entreprise. Les pratiques peuvent être formalisées sous forme de procédures, décrivant par des consignes précises la manière de réaliser l'opération (figure 29).
figure 29. Opération, pratique, et procédure
Prenons l'exemple d'une opération "vidange d'un véhicule" : elle consiste à effectuer la vidange, à recharger en huile, et à évacuer le flux d'huile usagée. La pratique environnementale correspondra pour cette opération à observer la destination du flux d'huile usagée : si l'opérateur le récupère pour traitement ultérieur, la pratique est bonne, s'il la laisse au sol, ou la rejette dans le réseau d'eau vanne, la pratique est mauvaise.
Dans le cas d'une opération de production générant des déchets d'emballage et des déchets souillés, une bonne pratique environnementale consistera à trier les déchets et à les orienter vers une filière de traitement approprié et une mauvaise pratique à les mélanger et/ou à les brûler sur place.
Les mauvaises pratiques environnementales peuvent contribuer pour beaucoup aux facteurs d'impact d'une entreprise. Elles jouent notamment un rôle important dans les phases de fonctionnement non continue des opérations (démarrages, entretiens, arrêts, incidents...), phases dans lesquelles elles sont à l'origine de flux de polluants ponctuels, difficiles à identifier. La maîtrise de ces pratiques ne peut être obtenue que par une information et une formation du personnel de l'entreprise aux bonnes et mauvaises pratiques environnementales.
L'entreprise doit contrôler les flux, et donc les opérations et pratiques, afin de réduire les perturbations qu'ils engendrent sur l'environnement. Ce contrôle fait intervenir la régulation du fonctionnement de l'entreprise par son système de décision.

2.3.4 Régulation du système opérant

La direction de l'entreprise est le système de décision chargé de réguler le fonctionnement du site de production (système opérant), en prenant des décisions sur la base de l'information qui lui est communiquée quant au fonctionnement du système opérant. La transmission de l'information dans l'entreprise s'appuie sur l'interface décisionnel-opérationnel qu'est le système d'information : il renseigne la direction sur le fonctionnement du site industriel, par exemple par l'intermédiaire d'indicateurs et tableaux de bord, ou plus simplement par des formulaires de retour d'expérience. A partir de ces informations, la direction programme ses décisions, qui seront appliquées au système opérant, par exemple sous forme de procédures, consignes et instructions techniques.
Dans la pratique, une grande part de l'information est communiquée de façon informelle entre système de décision et système opérant, particulièrement dans les PME, où le système formel peut être inexistant. On retrouve donc la superposition de deux systèmes d'information, l'un formel, l'autre informel, qui vont traiter chacun de façon parallèle les informations sur le fonctionnement du système opérant (figure 30). Prenons l'exemple d'un incident bénin, mais qui aurait pu avoir des conséquences graves, se déroulant dans un atelier :
  • Si l'information est relayée par le système informel, elle fera l'objet d'une communication orale au responsable, qui, en fonction de sa disponibilité (ou de ses compétences), en tiendra compte ou non.
  • Si l'information est relayée par le système formel, elle fera l'objet d'un compte-rendu, qui pourra servir de base à une réflexion sur les moyens d'éviter la reproduction de cet incident.
En fait, l'idéal est que les deux systèmes cohabitent, de façon à ce que la richesse du système formel, qui permet mémorisation et réflexion, complète la souplesse du système informel, plus réactif (mise en place d'une solution immédiate et simple au problème).
figure 30. Le système entreprise
Relativement aux critères environnementaux, la régulation du système opérant doit permettre la maîtrise des échanges physiques avec l'environnement, c'est à dire des facteurs d'impact de l'entreprise.
Régulation des échanges physiques avec l'environnement : Maîtrise des facteurs d'impact directs et indirects
La direction de l'entreprise doit donc être à même de contrôler les flux entrants et sortants du site industriel, et donc les pratiques à l'origine de ces flux.
Cela implique qu'elle soit capable :
  • de les identifier,
  • de les mesurer,
  • d'identifier les valeurs non conformes (donc de disposer d'une référence),
  • de les corriger, donc de programmer une action de correction,
  • de vérifier que l'action de correction a été efficace.
Plusieurs niveaux de maîtrise sont en fait implicitement nécessaires pour que ces différentes étapes soient accomplies :
  • Un premier niveau de maîtrise consiste, pour la direction de l'entreprise, à prélever l'information portant sur les flux et pratiques sur le site de production, et à la traiter pour qu'elle soit exploitable. Cela implique un bon fonctionnement du système d'information formel.
  • La direction de l'entreprise doit être capable d'intégrer l'information au processus de décision, et de programmer sur le terrain ses décisions. Cela implique un bon fonctionnement du système de décision et du système d'information.
  • Le système doit être bouclé pour suivre les résultats des actions programmées. Le bon fonctionnement du bouclage permettra la maîtrise des facteurs d'impact et des opérations et pratiques.
La figure 31 reprend ces différents niveaux de maîtrise.
figure 31. Niveaux de maîtrise des facteurs d'impact
L'acquisition de ces différents niveaux de maîtrise implique des changements techniques dans l'entreprise, mais entraîne également des changements culturels : "Modifier l'ensemble des pratiques demande la redéfinition des objectifs de l'entreprise, c'est à dire sa stratégie, mais également la modification de la nature du travail, et la définition de nouveaux rôles pour le personnel, qui doit acquérir de nouvelles connaissances et savoir-faire. Le management de l'environnement demande de nouvelles valeurs et références. Les entreprises doivent reconnaître l'environnement comme un facteur de décision, qui a des implications à long-terme sur sa manière de conduire ses affaires et sur ses relations avec son environnement économique. L'éco-efficacité n'est pas atteinte seulement par un changement technologique, mais également par de profonds changements dans les objectifs et les postulats qui dirigent l'activité de l'entreprise" [LLERENA 96]

عن الكاتب

aggouni mohamed

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